Photo Paco Dalmau

Exposition permanente

Josep Pla (1897 – 1981): l’exposition permanente ainsi intitulée est installée dans la maison natale de l’écrivain, au 49 rue Nou, à Palafrugell. Elle porte à la connaissance du public l’itinéraire personnel et professionnel de l’écrivain, en le replaçant dans le contexte historique du s.XXe

« Les fotografies meves em fan por i no pas per la quantitat més o menys grossa de vanitat personal que poden contenir, sinó per l’aclaparadora semblança que tenen amb mi mateix: la mobilitat de les faccions, la projecció externa dels sentiments, la gesticulació excessiva, la impossibilitat de mantenir-me en un to i una fredor plausibles. »

Josep Pla. Notes disperses. OC XII, 375.

« Je suis né à Palafrugell (Petit Empourdan) le 8 de mars 1897. Mon sang est empourdanaise à cent pour cent. Mon paysage originel se situe entre Puig Son Ric, de Begur, à l’est ; les montagnes de Fitor, à l’ouest ; les îles Formigues, au midi, et le Montgrí d’òu vient la tramontane. J’ai toujours trouvé que ce pays était très ancien et avait été traversé par des gens de toutes sortes, des gens des plus divers et errants. « 

Josep Pla. Le chaier gris. París : Éd. Gallimard, 2013, 11.

Présentation

Josep Pla, viatger.

Leopold Pomés, 1991, 24′

Primera volada

(1897 – 1919)

« Un jour sans savoir comment, je me suis retrouvé avec un crayon et un cahier à la main. J’ai commencé à poser des adjectifs derrière chaque pinède, chaque champ, chaque portion de mer. J’ai essayé d’écrire les sentiments que me provoquait la vision de la diversité de la terre et de l’étendue bleue de la mer. À chaque fois que je commençais ces exercices, une effusion absolue s’emparait de moi. Je ne m’éprendrai jamais d’aucune déesse ni d’aucune mélodie autant que je me suis épris de ces choses-là. Dans mon aveuglement, j’en arrivais à supposer qu’il serait facile de les posséder. Pauvre de moi ! Parfois, au milieu de la première ligne, je déchirais déjà le papier. J’essayais de nouveau… Et de nouveau encore. L’inquiétude de la tentative, une succession d’états de joie apparente et de désespoir réel emplissaient mes après-midi. En fait, j’étais déjà atteint par  l’obsession puérile et ridicule de cet amer métier »

Josep Pla. El meu país. OC VII, 475.

« Le journalisme a un bon côté : il ouvre un très large champ à l’observation et provoque des contacts humains très variés, parfois, pleins d’intérêt. En outre, lorsque la monnaie de leur pays d’origine a une certaine valeur, il permet aux personnes enclines à vagabonder et à se sentir une ombre ténue et inconsistante qui passe, un instant, sur terre – ce qui est mon cas – de se déplacer ad libitum. À certains moments de ma vie, j’ai ressenti le déplacement de façon presque maladive – j’ai été un homme erratique. […] Je suis devenu un passant continental et cela m’a conduit à goûter à de nombreuses cuisines, à dormir dans d’innombrables lits, à parler avec beaucoup de gens. Pendant cette étape-là, j’ai énormément écrit. »

Josep Pla. La vida amarga. OC VI, 7.

Aigua de mar

(1939-1947)

Aigua de mar

(1939-1947)

« Après avoir tant vagabondé de par le monde et après tant de fatigues inutiles, il fallait s’arrêter un moment et se reposer un peu. Ce fut une bonne décision : j’y suis parti pour quinze jours et un an après, j’y étais encore, loin de la faim, du travail et des tracas.

À cette époque-là, à Fornells, il n’y avait ni église, ni horloge publique, ni administration, ni incarnation de l’autorité légale. »

Josep Pla. Aigua de mar. OC II, 11.

« Aujourd’hui, l’écrivain cherche la réalité, la merveilleuse, l’énorme, la mystérieuse réalité qui nous entoure et sur laquelle nous réfléchissons, et seule est acceptée comme véritable littérature celle qui part du réel et en recherche l’émotion intime. »

Josep Pla. Coses Vistes. Ed. Selecta, 1949, p. 13.

Coses vistes

(1948 – 1965)

Notes de capvesprol

(1966-1981)

« À présent que je suis horriblement vieux – quatre-vingt-deux ans – et que j’ai suffisamment de recul, je dois avouer que je n’aurais pas su faire autre chose qu’écrire. […] Mes écrits m’ont permis d’affronter les choses qui me plaisent : décrire un paysage, l’énigme de la mer, épier la folie de la vie des hommes et des femmes, trouver un adjectif pour qualifier le vol d’un oiseau, les courbes d’une jeune fille, sans parler de l’éclat d’une fleur. J’ignore quel est le résultat de tout cela, mais il se trouve dans cet immense tas de papiers que vous avez devant vous et qui constitue mes Œuvres Complètes. Presque rien, toute ma vie. »

Josep Pla. Per passar l'estona. OC XXXVI, 7-8.

« La seule façon de lutter contre la terrible invasion de l’oubli, de créer une mémoire collective, c’est de rappeler, inlassablement, ce que quelques hommes – c’est-à-dire le peuple – ont fait qui aille un peu au-delà des intérêts personnels, immédiats et petits. »

Josep Pla. Homenots. OC XVI, 7.

« Je fais partie d’une certaine tribu. Cette tribu occupe une certaine zone géographique, a une manière absolument personnelle de voir le monde, parle une certaine langue, pauvre, peu travaillée, misérable – elle constitue ce que l’on commence à appeler une zone linguistique. »

Josep Pla. Notes disperses. OC XII, 575.

« Objectivement, il est fortement désagréable de ne pas ressentir de désir – ni le désir des femmes, ni celle de la bonne chère, ni celle de devenir quelqu’un dans la vie-, d’éprouver seulement cette secrète et diabolique manie d’écrire (avec de si modestes résultats), à laquelle j’ai tout sacrifié et à laquelle je sacrifierai probablement toute ma vie. Je me demande ce qui est préférable : une existence médiocre, joyeuse et convenu ou une obsession de ce genre, passionnée, tendue et fascinante ? « 

Josep Pla. Le Cahier Gris. París : Éd. Gallimard, 2013, 384.

El quadern gris

Entrevue A Fondo de

Joaquin Soler Serrano

1976, 80′

« Nací, como solía pasar entonces, en casa. Claro que la gente de aquí tiene una gran tendencia a que sus hijos sean muy importantes… ¡Imagínese usted, me dieron carrera!… Equivocado totalmente, tenía que haber sido un payés, para arar, para arreglar las viñas y los olivos… « 

Soler Serrano, J. Conversaciones con Josep Pla. Destino, 1997, 218.